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Corps de rêve

Il nous fait de l’œil ce corps tout nu. Parce qu’il a des courbes parfaites, parce qu’il nous enlace et nous réchauffe le cou de son or gourmand, parce qu’il nous fait penser au bronze Arch of hysteria de Louise Bourgeois, et à ces statues antiques qu’enfant, on regardait à la dérobée (« surtout, qu’on ne nous voit pas admirer ces fesses, ces seins, ces jambes nus ! ») Mais on est grand aujourd’hui, alors on les affiche, on les assume, on les aime ces courbes précieuses. Un ras du cou en forme de corps, porté à bras le corps autour du cou… c’est là toute la poésie et l’humour d’Aurélie Bidermann qui s’expriment.

Rencontre avec Alexandra Margnat

En plein cœur de l’hiver, les bijoux d’Alexandra Margnat sont plus efficaces qu’une cure de luminothérapie : solaires, colorés, ils sont la promesse d’un été éternel. Rien d’étonnant au vu des inspirations que la créatrice épingle sur son site internet : des photos de sable doré et d’eaux turquoises, de corps ambrés et d’éclats de soleil… Franche et pétillante, Alexandra Margnat nous ouvre les portes de son bureau-showroom parisien et nous raconte l’histoire d’une marque qu’elle a construite seule, avec passion, détermination et surtout de très bonnes intuitions. Photographie d’ouverture : © Rémy Lidereau pour Mise Au Jour Quel a été votre parcours avant de lancer votre marque de bijoux ? Alexandra Margnat : J’ai travaillé pendant longtemps en marketing dans le domaine des nouvelles technologies, où je faisais de la communication, de l’évènementiel, du media planning… Au bout d’une dizaine d’années dans ce secteur, j’ai levé le pied petit à petit et j’ai commencé à monter ma marque à l’été 2010 : je faisais alors des petits bracelets. Mes créations ont eu immédiatement un vrai impact ! Quand …

Elise Dray, la relève de la joaillerie

Elise Dray fait partie de cette génération de jeunes créatrices qui n’ont pas peur de bousculer la joaillerie pour la faire évoluer ; qui citent des Maisons centenaires (Bulgari, Cartier, Boivin) mais dessinent des bijoux dans l’air du temps ; qui travaillent l’indémodable diamant pour le rendre encore plus « tendance » ; qui suivent leur instinct, surtout, et écoutent leur passion, toujours. Interview d’une joaillière nouvelle génération. Illustration d’ouverture : © Maël Cosotti pour MiseAuJour. Bague deux doigts en diamants, émeraudes, rubis, or jaune et rhodié. Quel est votre premier souvenir joaillier ? Elise Dray : Une broche articulée : une panthère de René Boivin en or jaune, diamants et saphirs que portait ma mère. Un bijoux de famille. Quel est votre parcours ? E.D. : Après avoir été diplômée de l’école BJOP rue du Louvre à Paris, j’ai fondé ma marque en 2009. Earcuff, bague de phalange, bague mitaine… : vos bijoux proposent de nouveaux portés, moins classiques, plus « rock ». Pourquoi ? E.D. : J’ai souhaité vraiment casser et bousculer les codes traditionnels …

Ruifier by Rachel Shaw

La marque Ruifier étonne ; d’abord par sa capacité à rendre attirants des puces d’oreilles représentant des smileys, des bagues évoquant des visages souriants ou râleurs et même des pendentifs à l’effigie du chien de la fondatrice de la marque, Rachel Shaw (tâche délicate…) ; mais elle étonne aussi par la diversité de son vocabulaire joaillier citant des styles pluriels pour un seul et même discours : rendre heureux ceux qui portent les bijoux de la griffe, selon le souhait de Rachel Shaw. Ruifier ne craint donc pas de jouer sur plusieurs tableaux joailliers, du plus precious au plus fun, d’associer pierres fines et langage 2.0, en bref d’assumer des bijoux décalés et rafraîchissants. Interview de Rachel Shaw, créatrice de cette toute jeune marque britannique, in english please ! (La traduction française est à la fin de l’article) How and when did you create Ruifier ? Rachel Shaw : I launched Ruifier about two and a half years ago when I felt the time was right. I had always wanted to create my own brand …

Gemmyo : Internet est-il l’avenir de la joaillerie ?

« Internet et la joaillerie sont clairement en contradiction à beaucoup de niveaux. » Le constat peut étonner quand on sait qu’il émane de Pauline Laigneau, l’une des fondatrices de Gemmyo, marque de joaillerie française lancée en 2011, vendue uniquement sur Internet et décrite par sa créatrice comme « une marque avec un excellent savoir-faire joaillier doublé d’une volonté de tendre en permanence vers l’innovation, la modernité, la jeunesse et la fraîcheur pour rénover le secteur de la joaillerie qui est magnifique mais plutôt ancré dans le passé.»  Une marque qui emploie aujourd’hui 21 personnes, annonçait une croissance supérieure à 100% pour 2015 et un chiffre d’affaires de 3 millions d’euros pour 2014. Photographie d’ouverture : bague Very Stoned Bride Bague Mad Marguerite Donc si Internet et la joaillerie sont en contradiction selon Pauline Laigneau, ils ne semblent pas incompatibles pour autant ; le défi est évidemment de savoir tirer avantage du digital. « Internet est un formidable outil de diffusion et offre la possibilité de créer une communauté autour de la marque en échangeant avec nos …

Messika, déjà dix ans d’éclat

Les diamants peuvent dire merci à Valérie Messika : grâce à elle, ils sont sortis de leurs coffres, ils n’intimident plus, ne sont plus cantonnés aux soirées de gala mais illuminent désormais le quotidien de nombreuses femmes. En dix ans, la fondatrice de la marque Messika a su tailler une nouvelle image au diamant, le rendant alors plus dynamique, plus jeune, plus évident. Transformer sans choquer, évoluer sans décevoir : autant de défis que cette fille de diamantaire a relevé avec brio, tout en respectant sa pierre fétiche. Et force est de constater que les risques ont payé : la marque a inauguré son premier atelier de haute joaillerie en juin dernier à Paris, vient de recevoir les honneurs d’une monographie publiée par les éditions Assouline, et annonce l’ouverture de quatre nouvelles boutiques dans le monde au cours de l’année 2016. Alors que Valérie Messika s’apprête à dévoiler de nouvelles créations au salon Baselworld du 17 au 24 mars, elle répond ici à mes questions. Photographie d’ouverture : collier Diamond Wave, 168 diamants, 42,94 carats, réalisé pour les …

Thea Jewelry, en toutes lettres

Un mot, un prénom, une date écrits en lettres d’or, d’argent ou de vermeil, sertis ou non de pierres précieuses : c’est la tendance du moment, celle des « bijoux personnalisés », uniques, qui affichent un message en caractères gras sur les doigts, les poignets ou les oreilles. Un retour en grâce des chiffres et des lettres qui n’a rien d’étonnant alors que l’on communique désormais en hashtags et mots clés. Mais si ces bijoux pensés sur mesure ont le vent en poupe, ils n’inventent pourtant rien de nouveau : il a toujours été possible de faire graver le mot de son choix sur des gourmettes ou à l’intérieur d’alliances ; dès le début 2000, Victoire de Castellane chez Dior rendait honneur au poids des mots en imaginant la bague « Oui »  et Sarah Jessica Parker alias Carrie Bradshaw dans « Sex & The City » affichait déjà son prénom autour du cou dans la série télé phare des années 2000 (ici). Comment la personnalisation version 2016 se distingue-t-elle, alors ? Par son minimalisme assumé, comme chez Atelier Paulin qui …

John Rubel, acte II

C’est une histoire qui rendrait jaloux n’importe quel auteur de storytelling : l’histoire d’un trésor enfoui, de pierres précieuses et de beaux bijoux, de voyages en Amérique et d’une guerre qui chamboule tout ; l’histoire d’une petite-fille de diamantaire devenue femme en or travaillant, pendant vingt-cinq ans, pour quelques unes des plus grandes Maisons de la place Vendôme… Cette histoire, vraie, est celle de Sophie Mizrahi-Rubel qui a entrepris en 2012 de réveiller John Rubel, la marque lancée par ses grands-oncles en 1942 (après avoir créé leur atelier de joaillerie et de design parisien en 1915) pour laquelle travailla son grand-père jusqu’à ce qu’elle se fasse happer par la réalité d’une société meurtrie par la guerre. En 2012 donc, Sophie Mizrahi-Rubel découvre au cœur de la propriété familiale, les archives des frères Rubel : des centaines de dessins, gouaches, croquis imaginés par le duo dès 1915. Depuis, elle se démène pour faire revivre ce nom emblématique de la joaillerie des années 1940, bien connu des esthètes et amateurs de bijoux et dont les créations, très cotées aux …

Derrière les portes de la place Vendôme

Qui sont les client(e)s de la haute joaillerie ? Difficile d’avoir une réponse claire lorsque l’on pose cette question place Vendôme. Car si la discrétion n’est pas vraiment une caractéristique des joyaux plébiscités par ces clients mystères, elle est une valeur que ces derniers attendent de la part de ceux qui les parent… Tout juste arrive-t-on alors à connaître leurs pays d’origine (États-Unis, Kazakhstan, Inde, Chine notamment) et à savoir qu’ils seraient également friands de haute couture. Alors, pour simplifier la vie de ces milliardaires amateurs de belles choses, quelques unes des grandes Maisons présentent désormais durant la « Couture week » parisienne en janvier et juillet, de nouvelles pièces de haute joaillerie. La semaine dernière, Chopard, De Beers, Boucheron, Chanel et Dior entre autres dévoilaient donc à leurs (grands) clients et à la presse, les dernières pièces sorties de leurs ateliers. Entre parures 100% diamant et méli-mélo de pierres ultra colorées, l’offre joaillière oscille entre valeurs sûres et audaces artistiques. Photographie d’ouverture : La présentation De Beers, dans les salons de la Maison, rue de …

Dior ne perd pas le Nord

On l’aime Victoire de Castellane. On l’aime depuis son arrivée chez Dior Joaillerie en 1998, et toujours un peu plus à chaque nouvelle collection ; on l’aime pour sa capacité à travailler des pierres ultra précieuses avec la plus grande fantaisie qu’il soit ; on l’aime pour sa facilité à réinterpréter en parures modernes et gaies, les (presque) 70 ans d’histoire de la Maison pour laquelle elle travaille ; on l’aime pour ses bagues grosses comme le poing, ses bijoux de caractère inspirés par des femmes fortes, ses mélanges audacieux de couleurs et de formes, de métaux et de pierres… En bref, on l’aime pour sa joaillerie joyeuse, précieuse, sulfureuse, étonnamment culottée pour une marque de l’envergure de Dior. Il faut dire que Victoire de Castellane n’a pas peur des bijoux : elle les côtoie depuis son enfance durant laquelle elle admirait les bagues aux doigts de sa grand-mère, Sylvia Hennessy ; alors, depuis le temps qu’elle les fréquente, les pierres sont ses amies, elle les respecte mais joue avec, s’amuse de leurs différences de corps, de brillances, …