Tous les articles taggés : haute joaillerie

Elise Dray, la relève de la joaillerie

Elise Dray fait partie de cette génération de jeunes créatrices qui n’ont pas peur de bousculer la joaillerie pour la faire évoluer ; qui citent des Maisons centenaires (Bulgari, Cartier, Boivin) mais dessinent des bijoux dans l’air du temps ; qui travaillent l’indémodable diamant pour le rendre encore plus « tendance » ; qui suivent leur instinct, surtout, et écoutent leur passion, toujours. Interview d’une joaillière nouvelle génération. Illustration d’ouverture : © Maël Cosotti pour MiseAuJour. Bague deux doigts en diamants, émeraudes, rubis, or jaune et rhodié. Quel est votre premier souvenir joaillier ? Elise Dray : Une broche articulée : une panthère de René Boivin en or jaune, diamants et saphirs que portait ma mère. Un bijoux de famille. Quel est votre parcours ? E.D. : Après avoir été diplômée de l’école BJOP rue du Louvre à Paris, j’ai fondé ma marque en 2009. Earcuff, bague de phalange, bague mitaine… : vos bijoux proposent de nouveaux portés, moins classiques, plus « rock ». Pourquoi ? E.D. : J’ai souhaité vraiment casser et bousculer les codes traditionnels …

Messika, déjà dix ans d’éclat

Les diamants peuvent dire merci à Valérie Messika : grâce à elle, ils sont sortis de leurs coffres, ils n’intimident plus, ne sont plus cantonnés aux soirées de gala mais illuminent désormais le quotidien de nombreuses femmes. En dix ans, la fondatrice de la marque Messika a su tailler une nouvelle image au diamant, le rendant alors plus dynamique, plus jeune, plus évident. Transformer sans choquer, évoluer sans décevoir : autant de défis que cette fille de diamantaire a relevé avec brio, tout en respectant sa pierre fétiche. Et force est de constater que les risques ont payé : la marque a inauguré son premier atelier de haute joaillerie en juin dernier à Paris, vient de recevoir les honneurs d’une monographie publiée par les éditions Assouline, et annonce l’ouverture de quatre nouvelles boutiques dans le monde au cours de l’année 2016. Alors que Valérie Messika s’apprête à dévoiler de nouvelles créations au salon Baselworld du 17 au 24 mars, elle répond ici à mes questions. Photographie d’ouverture : collier Diamond Wave, 168 diamants, 42,94 carats, réalisé pour les …

John Rubel, acte II

C’est une histoire qui rendrait jaloux n’importe quel auteur de storytelling : l’histoire d’un trésor enfoui, de pierres précieuses et de beaux bijoux, de voyages en Amérique et d’une guerre qui chamboule tout ; l’histoire d’une petite-fille de diamantaire devenue femme en or travaillant, pendant vingt-cinq ans, pour quelques unes des plus grandes Maisons de la place Vendôme… Cette histoire, vraie, est celle de Sophie Mizrahi-Rubel qui a entrepris en 2012 de réveiller John Rubel, la marque lancée par ses grands-oncles en 1942 (après avoir créé leur atelier de joaillerie et de design parisien en 1915) pour laquelle travailla son grand-père jusqu’à ce qu’elle se fasse happer par la réalité d’une société meurtrie par la guerre. En 2012 donc, Sophie Mizrahi-Rubel découvre au cœur de la propriété familiale, les archives des frères Rubel : des centaines de dessins, gouaches, croquis imaginés par le duo dès 1915. Depuis, elle se démène pour faire revivre ce nom emblématique de la joaillerie des années 1940, bien connu des esthètes et amateurs de bijoux et dont les créations, très cotées aux …

Derrière les portes de la place Vendôme

Qui sont les client(e)s de la haute joaillerie ? Difficile d’avoir une réponse claire lorsque l’on pose cette question place Vendôme. Car si la discrétion n’est pas vraiment une caractéristique des joyaux plébiscités par ces clients mystères, elle est une valeur que ces derniers attendent de la part de ceux qui les parent… Tout juste arrive-t-on alors à connaître leurs pays d’origine (États-Unis, Kazakhstan, Inde, Chine notamment) et à savoir qu’ils seraient également friands de haute couture. Alors, pour simplifier la vie de ces milliardaires amateurs de belles choses, quelques unes des grandes Maisons présentent désormais durant la « Couture week » parisienne en janvier et juillet, de nouvelles pièces de haute joaillerie. La semaine dernière, Chopard, De Beers, Boucheron, Chanel et Dior entre autres dévoilaient donc à leurs (grands) clients et à la presse, les dernières pièces sorties de leurs ateliers. Entre parures 100% diamant et méli-mélo de pierres ultra colorées, l’offre joaillière oscille entre valeurs sûres et audaces artistiques. Photographie d’ouverture : La présentation De Beers, dans les salons de la Maison, rue de …

Tendez l’oreille

« Je ne porte jamais de paires de boucles d’oreilles identiques car j’aime l’asymétrie et l’association de boucles différentes que je choisis en harmonie. En portant des ear cuffs, j’impose mon caractère ». C’est la jeune créatrice Elise Dray qui nous le dit et force est de constater qu’elle est loin d’être la seule à avoir succombé à la tendance « ear cuff » (littéralement « manchette d’oreille ») qui secoue l’univers de la joaillerie depuis le début de la décennie. Pourtant la tendance ne date pas d’hier, bien au contraire. La mode est un cycle qui se répète, on le sait, et ces ornements qui se distinguent par le fait de monter le long de l’oreille, le confirment. Ainsi à l’Antiquité, les aristocrates grecs en auraient fait le symbole de leur situation dorée, bien avant que les coutumes thaïlandaises et indiennes le hissent à partir du XIIème siècle au rang d’accessoire majeur du costume traditionnel. Puis c’est au tour de l’Europe d’être séduite par ce bijou : en 1592, la peintre italienne Lavinia Fontana (dont les toiles se …

Rouge passion

Dans les reflets carmin de cette rubellite de 88 carats, c’est toute la fougue de la créatrice Lydia Courteille que l’on ressent. Son amour des volumes XXL, sa passion pour les pierres grosses comme le poing, son admiration des femmes fortes, puissantes dont la dernière à avoir fait vibrer son cœur de joaillière n’est autre que Catherine II, impératrice de Russie de 1762 à 1796 et aujourd’hui inspiratrice de la collection Scarlett Empress dont la bague est issue. «Catherine II était une femme d’amour et de sang, d’où la couleur rouge de la collection, nous explique Lydia Courteille. Le rouge, c’est l’amour ardent, le sang qui coule dans nos veines. » Le rouge, c’est également la teinte de cette tourmaline rare car « sans trace de brun dedans » selon la créatrice et qui nous met l’eau à bouche avec son éclat grenadine ; le rouge, c’est aussi la nuance de l’exceptionnel spinelle de 398.72 carats qui trône au sommet de la couronne impériale russe réalisée en 1762 par le joaillier suisse Jérémie Pauzié pour le sacre de Catherine II. …

Jardin méditerranéen

De l’azur et du marine, une touche d’indigo, des éclats de turquoise et même des reflets lavande… le bleu est une couleur chaude pour Piaget qui a réussi à capturer dans cette opale de plus de 14 carats, toutes les lumières de la Méditerranée. Et pour cause : la manchette fait partie de la collection Mediterranean Garden, dernier opus de haute joaillerie de la Maison suisse qui vient tout juste d’ouvrir au 7, rue de la Paix à Paris, sa plus grande boutique au monde (500m2) et célèbre ces jours-ci le 25ème anniversaire de sa bague iconique Possession. Alors que la Côte d’Azur accueille la fine fleur du cinéma mondial pour le Festival de Cannes, Piaget fait elle aussi la fête sur la Riviera, promettant la venue sur la Croisette de son égérie Gong Li et profitant du Festival pour présenter Mediterranean Garden à ses grandes clientes venues du monde entier (comprenez : celles qui n’ont peur d’aligner ni les carats ni les euros/dollars/yuans). Dans son jardin de bord de mer, aux côtés de cette manchette au …

Yes, we Cannes !

On peut dire que l’on s’en moque et que de toute façon « on-n’est-pas-du-même-monde », force est d’admettre que tous les ans au mois de mai depuis 1946, Cannes est pendant une quinzaine de jours un peu (beaucoup) plus sous les projecteurs que pendant le reste de l’année. « Comment ça un Festival ? » Ne faites pas les innocents, tout le monde l’a remarqué et surtout les joailliers qui en profitent pour parer les cous et les poignets, les doigts et les oreilles (oui tout ça à la fois) des actrices confirmées et des stars en devenir. L’idée ? Profiter des flashs des centaines de photographes qui attendent aux pieds des fameuses marches pour s’offrir de la publicité à moindre coût ; profiter de toutes ces paires d’yeux amassées au même endroit pour (soi-disant) voir des films, et les tourner vers les nouvelles collections de bijoux qui font elles aussi à leur façon, vibrer la Croisette ; profiter d’avoir sous la main toutes leurs égéries venues en goguette ou pour défendre un film, et les rendre encore plus belles …

Zip Zip Zip Hourra !

Il fallait oser : vouloir révéler ce qui devrait être caché, détourner le concept de la fermeture éclair (à trois-francs-six-sous) pour en faire une création de haute joaillerie (à-plusieurs-centaines-de-milliers-d’euros). Quitter le monde du rationnel pour entrer dans celui du surréalisme et penser la fermeture à l’envers ; voilà le pari de Van Cleef & Arpels, auteur de l’une des inventions joaillières les plus incroyables du XXème siècle : le collier Zip. La fermeture éclair a été initialement conçue pour se faire oublier dans les tissus qu’elle maintient ? Qu’importe ! Chez Van Cleef & Arpels, elle tient au contraire le premier rôle d’une histoire précieuse. Elle devrait garder ses dents bien serrées ? Eh bien non. Pensée en collier, elle doit au contraire les ouvrir pour laisser passer le cou de la belle à parer. Elle ne serait que métal et tissu ? Même pas en rêve : Van Cleef & Arpels la fait de platine et de diamants, d’or et de rubis, de saphirs, d’émeraudes… A l’origine de l’insolente créativité du Zip ? Wallis Simpson, Duchesse de Windsor. Celle qui …

Plumes de paon

A-t-on jamais vu pareil plumage ? Ces paons-là n’ont nullement besoin de faire la roue pour se sentir majestueux, n’est-ce pas ? Tout au bout de leurs queues précieuses, là, les petites larmes couleur lagon, ce sont des émeraudes. « Beads », selon la maison Chopard, auteur de ces merveilles. Des gouttes d’émeraudes donc. Cela se tient, si l’on s’en tient à leur forme en poire et à leur couleur aquatique. Ensuite, en remontant le long de cette traîne plus belle que celle d’une mariée, on y trouve des saphirs bleus, des diamants de couleurs et des grenats (qui ne sont pas forcément rouges, sachez-le), des améthystes et des tourmalines. Pas de plomb dans les ailes pour ces jolis paons mais 1259 pierres, pour plus de 30 carats. On comprend qu’ils aient du mal à les soulever. C’est en janvier dernier, lors de la semaine de la Haute Couture parisienne que Chopard a dévoilé ces boucles d’oreilles hallucinantes. Mais les oiseaux enchantés n’étaient pas seuls à briller sous les feux de la rampe, car chez …