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Ce que ses bijoux disent d’elle : Renée Perle

Une bague, un bracelet de verre ou des joncs argentés. Parfois un collier, une broche, rarement plus. Souvent, un seul bijou à la fois… Voilà ce qui suffit à la beauté de Renée Perle, dont le patronyme ne pouvait être plus chargé de promesses joaillières. Que sait-on de ce mannequin d’origine roumaine née en 1904 ? Peu de choses si ce n’est qu’elle fut la muse du photographe français Jacques Henri Lartigue avec qui elle vécut une passion intense et courte de 1930 à 1932. D’elle, restent alors quelques trois cents photographies prises par l’artiste durant les deux ans de leur idylle passée sous le soleil des côtes de Cannes et Biarritz ; d’elle, restent une beauté, une photogénie et une grâce aussi saisissantes qu’intemporelles, capturées en noir et blanc ; d’elle, reste enfin une leçon de mode et de joaillerie, qu’elle livre en arborant des bijoux riches de sens et d’indices qu’ils donnent sur sa personnalité. Car si rares soient-ils sur chaque photo, les bijoux sont pourtant bien plus que de simples ornements. Ils éclairent le …

John Rubel, acte II

C’est une histoire qui rendrait jaloux n’importe quel auteur de storytelling : l’histoire d’un trésor enfoui, de pierres précieuses et de beaux bijoux, de voyages en Amérique et d’une guerre qui chamboule tout ; l’histoire d’une petite-fille de diamantaire devenue femme en or travaillant, pendant vingt-cinq ans, pour quelques unes des plus grandes Maisons de la place Vendôme… Cette histoire, vraie, est celle de Sophie Mizrahi-Rubel qui a entrepris en 2012 de réveiller John Rubel, la marque lancée par ses grands-oncles en 1942 (après avoir créé leur atelier de joaillerie et de design parisien en 1915) pour laquelle travailla son grand-père jusqu’à ce qu’elle se fasse happer par la réalité d’une société meurtrie par la guerre. En 2012 donc, Sophie Mizrahi-Rubel découvre au cœur de la propriété familiale, les archives des frères Rubel : des centaines de dessins, gouaches, croquis imaginés par le duo dès 1915. Depuis, elle se démène pour faire revivre ce nom emblématique de la joaillerie des années 1940, bien connu des esthètes et amateurs de bijoux et dont les créations, très cotées aux …

Tendez l’oreille

« Je ne porte jamais de paires de boucles d’oreilles identiques car j’aime l’asymétrie et l’association de boucles différentes que je choisis en harmonie. En portant des ear cuffs, j’impose mon caractère ». C’est la jeune créatrice Elise Dray qui nous le dit et force est de constater qu’elle est loin d’être la seule à avoir succombé à la tendance « ear cuff » (littéralement « manchette d’oreille ») qui secoue l’univers de la joaillerie depuis le début de la décennie. Pourtant la tendance ne date pas d’hier, bien au contraire. La mode est un cycle qui se répète, on le sait, et ces ornements qui se distinguent par le fait de monter le long de l’oreille, le confirment. Ainsi à l’Antiquité, les aristocrates grecs en auraient fait le symbole de leur situation dorée, bien avant que les coutumes thaïlandaises et indiennes le hissent à partir du XIIème siècle au rang d’accessoire majeur du costume traditionnel. Puis c’est au tour de l’Europe d’être séduite par ce bijou : en 1592, la peintre italienne Lavinia Fontana (dont les toiles se …

Qui êtes-vous, Suzanne Belperron ?

Ce mardi 12 mai, Sotheby’s Genève met en vente quinze bijoux de Suzanne Belperron, l’une des créatrices les plus talentueuses et influentes du XXème siècle. Si sa joaillerie avant-gardiste et audacieuse reste encore étonnamment méconnue du grand public, elle fait le bonheur des marchands d’art qui se battent à chaque vente aux enchères pour acquérir ces créations à la force intemporelle. Une force exprimant le tempérament affirmé de celle qui ne signa aucun de ses bijoux, estimant que son style lui-même était sa meilleure signature. C’est Olivier Baroin, expert de Belperron, détenteur de ses archives personnelles et auteur de l’unique monographie consacrée à ce jour à la créatrice, qui a authentifié les quinze pièces proposées aux enchères. A J-2 de la vente, croulant sous les sollicitations suite à un article au sujet de la vente paru la veille dans un grand quotidien national, il nous parle de sa passion pour l’œuvre de Suzanne Belperron, pour ses créations libres, toujours modernes. 20 pièces étaient annoncées aux enchères. Finalement il y en aura 15… Olivier Baroin : …

Ce que ses bijoux disent d’elle : Paloma Picasso

C’est la force délicate d’un profil où les lignes droites ne rendent que plus gracieuses les courbes affirmées ; c’est le choc chromatique de teintes complémentaires, la grâce violente d’une beauté évidente, le charme brut de rondeurs gracieuses… Elle ou ses bijoux ? Peu importe, ils se confondent. Car au bout de son annulaire, à son oreille, autour de son cou, Paloma Picasso portent des créations qui lui ressemblent ; comme une armure, un talisman, une signature. N’est-ce pas ce que devrait-être chaque bijou ? « Lorsque vous aimez un bijou, vous sentez qu’il vous protège, qu’il vous donne de l’énergie. Les bijoux sont intimement liés aux émotions, ils font souvent écho à l’histoire d’une famille », affirme la créatrice. La sienne d’histoire est toute singulière : fille des peintres Pablo Picasso et Françoise Gilot, elle dessine depuis toujours, forcément. On n’échappe pas à son destin ? Celui de Paloma sera brillant, évidemment : au début des années 1970, elle crée ses premiers bijoux pour la marque grecque Zolotas ; en 1980, elle présente sa …