Tous les articles classés dans : Tendances

Elise Dray, la relève de la joaillerie

Elise Dray fait partie de cette génération de jeunes créatrices qui n’ont pas peur de bousculer la joaillerie pour la faire évoluer ; qui citent des Maisons centenaires (Bulgari, Cartier, Boivin) mais dessinent des bijoux dans l’air du temps ; qui travaillent l’indémodable diamant pour le rendre encore plus « tendance » ; qui suivent leur instinct, surtout, et écoutent leur passion, toujours. Interview d’une joaillière nouvelle génération. Illustration d’ouverture : © Maël Cosotti pour MiseAuJour. Bague deux doigts en diamants, émeraudes, rubis, or jaune et rhodié. Quel est votre premier souvenir joaillier ? Elise Dray : Une broche articulée : une panthère de René Boivin en or jaune, diamants et saphirs que portait ma mère. Un bijoux de famille. Quel est votre parcours ? E.D. : Après avoir été diplômée de l’école BJOP rue du Louvre à Paris, j’ai fondé ma marque en 2009. Earcuff, bague de phalange, bague mitaine… : vos bijoux proposent de nouveaux portés, moins classiques, plus « rock ». Pourquoi ? E.D. : J’ai souhaité vraiment casser et bousculer les codes traditionnels …

Gemmyo : Internet est-il l’avenir de la joaillerie ?

« Internet et la joaillerie sont clairement en contradiction à beaucoup de niveaux. » Le constat peut étonner quand on sait qu’il émane de Pauline Laigneau, l’une des fondatrices de Gemmyo, marque de joaillerie française lancée en 2011, vendue uniquement sur Internet et décrite par sa créatrice comme « une marque avec un excellent savoir-faire joaillier doublé d’une volonté de tendre en permanence vers l’innovation, la modernité, la jeunesse et la fraîcheur pour rénover le secteur de la joaillerie qui est magnifique mais plutôt ancré dans le passé.»  Une marque qui emploie aujourd’hui 21 personnes, annonçait une croissance supérieure à 100% pour 2015 et un chiffre d’affaires de 3 millions d’euros pour 2014. Photographie d’ouverture : bague Very Stoned Bride Bague Mad Marguerite Donc si Internet et la joaillerie sont en contradiction selon Pauline Laigneau, ils ne semblent pas incompatibles pour autant ; le défi est évidemment de savoir tirer avantage du digital. « Internet est un formidable outil de diffusion et offre la possibilité de créer une communauté autour de la marque en échangeant avec nos …

Thea Jewelry, en toutes lettres

Un mot, un prénom, une date écrits en lettres d’or, d’argent ou de vermeil, sertis ou non de pierres précieuses : c’est la tendance du moment, celle des « bijoux personnalisés », uniques, qui affichent un message en caractères gras sur les doigts, les poignets ou les oreilles. Un retour en grâce des chiffres et des lettres qui n’a rien d’étonnant alors que l’on communique désormais en hashtags et mots clés. Mais si ces bijoux pensés sur mesure ont le vent en poupe, ils n’inventent pourtant rien de nouveau : il a toujours été possible de faire graver le mot de son choix sur des gourmettes ou à l’intérieur d’alliances ; dès le début 2000, Victoire de Castellane chez Dior rendait honneur au poids des mots en imaginant la bague « Oui »  et Sarah Jessica Parker alias Carrie Bradshaw dans « Sex & The City » affichait déjà son prénom autour du cou dans la série télé phare des années 2000 (ici). Comment la personnalisation version 2016 se distingue-t-elle, alors ? Par son minimalisme assumé, comme chez Atelier Paulin qui …

Over the rainbow

La joaillerie n’intimide plus ni les créatrices, ni leurs clientes. Les premières s’amusent à en bousculer les codes et esquiver l’imperturbable duo or – diamants en imaginant des bijoux hauts en couleurs (de pierres). Les secondes accueillent avec joie ces joyaux arc-en-ciel, précieux mais pas guindés, joailliers sans être classiques. La création 2016 se veut donc fraîche, pimpante, affranchie ; gaie surtout. Pour faire oublier la réalité ? Au moins l’embellir… Photographie d’ouverture : quelques bagues de la collection Memphis de Sabine Getty © Oliver Hadlee Pearch Elles s’appellent Sabine Getty, Elise Dray, Ana Khouri, Catherine Lévy (pour Dorette) et Rachel Shaw (pour Ruifier), ces créatrices qui n’ont pas peur d’inventer une nouvelle joaillerie, moins compassée, plus vivante, plus fun aussi. Bien sûr l’or est toujours là, incontournable, mais il se plie à tous les désirs des joaillières : il zigzague entre les mains de Sabine Getty et se pare de topazes jaunes, roses, vertes et bleues ; il est rhodié par Elise Dray et fait ainsi d’autant plus ressortir le carmin des rubis, le vert des émeraudes, le …

Derrière les portes de la place Vendôme

Qui sont les client(e)s de la haute joaillerie ? Difficile d’avoir une réponse claire lorsque l’on pose cette question place Vendôme. Car si la discrétion n’est pas vraiment une caractéristique des joyaux plébiscités par ces clients mystères, elle est une valeur que ces derniers attendent de la part de ceux qui les parent… Tout juste arrive-t-on alors à connaître leurs pays d’origine (États-Unis, Kazakhstan, Inde, Chine notamment) et à savoir qu’ils seraient également friands de haute couture. Alors, pour simplifier la vie de ces milliardaires amateurs de belles choses, quelques unes des grandes Maisons présentent désormais durant la « Couture week » parisienne en janvier et juillet, de nouvelles pièces de haute joaillerie. La semaine dernière, Chopard, De Beers, Boucheron, Chanel et Dior entre autres dévoilaient donc à leurs (grands) clients et à la presse, les dernières pièces sorties de leurs ateliers. Entre parures 100% diamant et méli-mélo de pierres ultra colorées, l’offre joaillière oscille entre valeurs sûres et audaces artistiques. Photographie d’ouverture : La présentation De Beers, dans les salons de la Maison, rue de …

Tendez l’oreille

« Je ne porte jamais de paires de boucles d’oreilles identiques car j’aime l’asymétrie et l’association de boucles différentes que je choisis en harmonie. En portant des ear cuffs, j’impose mon caractère ». C’est la jeune créatrice Elise Dray qui nous le dit et force est de constater qu’elle est loin d’être la seule à avoir succombé à la tendance « ear cuff » (littéralement « manchette d’oreille ») qui secoue l’univers de la joaillerie depuis le début de la décennie. Pourtant la tendance ne date pas d’hier, bien au contraire. La mode est un cycle qui se répète, on le sait, et ces ornements qui se distinguent par le fait de monter le long de l’oreille, le confirment. Ainsi à l’Antiquité, les aristocrates grecs en auraient fait le symbole de leur situation dorée, bien avant que les coutumes thaïlandaises et indiennes le hissent à partir du XIIème siècle au rang d’accessoire majeur du costume traditionnel. Puis c’est au tour de l’Europe d’être séduite par ce bijou : en 1592, la peintre italienne Lavinia Fontana (dont les toiles se …

Asymétrie m’était contée…

En 2013, c’est la déferlante : signé Dior, un bijou d’un genre nouveau vient murmurer aux oreilles féminines du monde entier. La boucle d’oreille Mise en Dior ou deux perles bien rondes, bien gourmandes, totalement asymétriques, nous propose de porter nos parures d’oreilles différemment. Primo, il faut afficher la boucle seule, elle se suffit à elle-même, elle est belle comme ça, unique, et elle nous susurre : « épargnez-moi le côté dadame de la paire assortie ! ». Secondo, il faut la porter à l’envers. Oui, car le fermoir n’est plus honteux, il ne se fait plus discret, tranquillement caché derrière le lobe. Le fermoir fait partie intégrante du bijou, il se montre et s’assume même plus gros que la perle posée sur l’oreille. En bref chez Dior, on se pare en version asymétrique, décalée, audacieuse. Depuis deux ans donc, et le coup de génie (n’ayons pas peur des mots) de Camille Miceli, directrice des accessoires de la Maison Dior, la tendance ne s’essouffle pas et l’engouement pour ces perles tout-sauf-classiques a réussi à séduire aussi bien les filles « normales » …