Tous les articles classés dans : Coups d’éclat

Corps de rêve

Il nous fait de l’œil ce corps tout nu. Parce qu’il a des courbes parfaites, parce qu’il nous enlace et nous réchauffe le cou de son or gourmand, parce qu’il nous fait penser au bronze Arch of hysteria de Louise Bourgeois, et à ces statues antiques qu’enfant, on regardait à la dérobée (« surtout, qu’on ne nous voit pas admirer ces fesses, ces seins, ces jambes nus ! ») Mais on est grand aujourd’hui, alors on les affiche, on les assume, on les aime ces courbes précieuses. Un ras du cou en forme de corps, porté à bras le corps autour du cou… c’est là toute la poésie et l’humour d’Aurélie Bidermann qui s’expriment.

Rencontre avec Alexandra Margnat

En plein cœur de l’hiver, les bijoux d’Alexandra Margnat sont plus efficaces qu’une cure de luminothérapie : solaires, colorés, ils sont la promesse d’un été éternel. Rien d’étonnant au vu des inspirations que la créatrice épingle sur son site internet : des photos de sable doré et d’eaux turquoises, de corps ambrés et d’éclats de soleil… Franche et pétillante, Alexandra Margnat nous ouvre les portes de son bureau-showroom parisien et nous raconte l’histoire d’une marque qu’elle a construite seule, avec passion, détermination et surtout de très bonnes intuitions. Photographie d’ouverture : © Rémy Lidereau pour Mise Au Jour Quel a été votre parcours avant de lancer votre marque de bijoux ? Alexandra Margnat : J’ai travaillé pendant longtemps en marketing dans le domaine des nouvelles technologies, où je faisais de la communication, de l’évènementiel, du media planning… Au bout d’une dizaine d’années dans ce secteur, j’ai levé le pied petit à petit et j’ai commencé à monter ma marque à l’été 2010 : je faisais alors des petits bracelets. Mes créations ont eu immédiatement un vrai impact ! Quand …

Amélie Viaene, une créatrice au sommet

Cette année, le G7 avait un goût d’inédit : pour la première fois en marge du forum diplomatique était organisé le Craftswomen Summit, sommet mondial consacré à la place des femmes dans l’Artisanat d’Art. C’est la joaillière Amélie Viaene qui eut l’honneur et la responsabilité d’y représenter la France. Pour MiseAuJour, la créatrice revient sur cette expérience sans précédent et nous parle de son travail, bientôt exposé dans un pop-up store inédit, ouvert du 17 novembre au 4 décembre au sein de la galerie Vivienne, à Paris. Photographie d’ouverture : Amélie Viaene dans son atelier de création. © Christopher Jeney Vous avez été désignée pour représenter la France au G7 Craftswomen Summit, premier sommet mondial consacré à la place des femmes dans l’Artisanat d’Art, qui se tenait au Japon en mai dernier. Comment avez-vous été sélectionnée ? Quel fut votre rôle sur place ? Amélie Viaene : A la demande du Ministère de l’Économie Japonaise (METI), le Secrétariat d’État au Commerce et l’Artisanat leur a remis une liste d’artisanes françaises représentant différents métiers d’art et j’ai eu l’honneur …

Cécile Pic, dame de cœur

Cécile Pic vit à Biarritz, face à un océan en mouvement perpétuel, face à un horizon infini. Cécile Pic vit à Biarritz et crée des bijoux qui ressemblent à l’Atlantique : aussi changeants que les vagues, bouillonnants de force et de délicatesse, ils ne ressemblent qu’à eux-mêmes. Affranchis de toute tendance, ils sont libres en somme. Entretien avec la créatrice. Photographies d’ouverture : © Frantz Boris Comment est née votre envie de dessiner des bijoux ? Cécile Pic : L’envie de créer tout d’abord. Le bijou s’est imposé assez naturellement. Il est magnétique. C’est un objet chargé d’affect et de symbolisme. Ce sont des lignes, des couleurs, des matières qui peuvent se décliner à l’infini. Et puis la technique au départ n’est pas le plus important, la créativité seule permet de créer ses premiers bijoux. Quel est votre parcours ? C.P. : J’ai choisi des études de kinésithérapie après mon bac. Un métier passionnant mais que j’ai fini par abandonner, malgré les doutes. Je savais que ce n’était pas ce qui me rendrait heureuse. J’ai alors repris …

Messika, déjà dix ans d’éclat

Les diamants peuvent dire merci à Valérie Messika : grâce à elle, ils sont sortis de leurs coffres, ils n’intimident plus, ne sont plus cantonnés aux soirées de gala mais illuminent désormais le quotidien de nombreuses femmes. En dix ans, la fondatrice de la marque Messika a su tailler une nouvelle image au diamant, le rendant alors plus dynamique, plus jeune, plus évident. Transformer sans choquer, évoluer sans décevoir : autant de défis que cette fille de diamantaire a relevé avec brio, tout en respectant sa pierre fétiche. Et force est de constater que les risques ont payé : la marque a inauguré son premier atelier de haute joaillerie en juin dernier à Paris, vient de recevoir les honneurs d’une monographie publiée par les éditions Assouline, et annonce l’ouverture de quatre nouvelles boutiques dans le monde au cours de l’année 2016. Alors que Valérie Messika s’apprête à dévoiler de nouvelles créations au salon Baselworld du 17 au 24 mars, elle répond ici à mes questions. Photographie d’ouverture : collier Diamond Wave, 168 diamants, 42,94 carats, réalisé pour les …

Thea Jewelry, en toutes lettres

Un mot, un prénom, une date écrits en lettres d’or, d’argent ou de vermeil, sertis ou non de pierres précieuses : c’est la tendance du moment, celle des « bijoux personnalisés », uniques, qui affichent un message en caractères gras sur les doigts, les poignets ou les oreilles. Un retour en grâce des chiffres et des lettres qui n’a rien d’étonnant alors que l’on communique désormais en hashtags et mots clés. Mais si ces bijoux pensés sur mesure ont le vent en poupe, ils n’inventent pourtant rien de nouveau : il a toujours été possible de faire graver le mot de son choix sur des gourmettes ou à l’intérieur d’alliances ; dès le début 2000, Victoire de Castellane chez Dior rendait honneur au poids des mots en imaginant la bague « Oui »  et Sarah Jessica Parker alias Carrie Bradshaw dans « Sex & The City » affichait déjà son prénom autour du cou dans la série télé phare des années 2000 (ici). Comment la personnalisation version 2016 se distingue-t-elle, alors ? Par son minimalisme assumé, comme chez Atelier Paulin qui …

Over the rainbow

La joaillerie n’intimide plus ni les créatrices, ni leurs clientes. Les premières s’amusent à en bousculer les codes et esquiver l’imperturbable duo or – diamants en imaginant des bijoux hauts en couleurs (de pierres). Les secondes accueillent avec joie ces joyaux arc-en-ciel, précieux mais pas guindés, joailliers sans être classiques. La création 2016 se veut donc fraîche, pimpante, affranchie ; gaie surtout. Pour faire oublier la réalité ? Au moins l’embellir… Photographie d’ouverture : quelques bagues de la collection Memphis de Sabine Getty © Oliver Hadlee Pearch Elles s’appellent Sabine Getty, Elise Dray, Ana Khouri, Catherine Lévy (pour Dorette) et Rachel Shaw (pour Ruifier), ces créatrices qui n’ont pas peur d’inventer une nouvelle joaillerie, moins compassée, plus vivante, plus fun aussi. Bien sûr l’or est toujours là, incontournable, mais il se plie à tous les désirs des joaillières : il zigzague entre les mains de Sabine Getty et se pare de topazes jaunes, roses, vertes et bleues ; il est rhodié par Elise Dray et fait ainsi d’autant plus ressortir le carmin des rubis, le vert des émeraudes, le …

John Rubel, acte II

C’est une histoire qui rendrait jaloux n’importe quel auteur de storytelling : l’histoire d’un trésor enfoui, de pierres précieuses et de beaux bijoux, de voyages en Amérique et d’une guerre qui chamboule tout ; l’histoire d’une petite-fille de diamantaire devenue femme en or travaillant, pendant vingt-cinq ans, pour quelques unes des plus grandes Maisons de la place Vendôme… Cette histoire, vraie, est celle de Sophie Mizrahi-Rubel qui a entrepris en 2012 de réveiller John Rubel, la marque lancée par ses grands-oncles en 1942 (après avoir créé leur atelier de joaillerie et de design parisien en 1915) pour laquelle travailla son grand-père jusqu’à ce qu’elle se fasse happer par la réalité d’une société meurtrie par la guerre. En 2012 donc, Sophie Mizrahi-Rubel découvre au cœur de la propriété familiale, les archives des frères Rubel : des centaines de dessins, gouaches, croquis imaginés par le duo dès 1915. Depuis, elle se démène pour faire revivre ce nom emblématique de la joaillerie des années 1940, bien connu des esthètes et amateurs de bijoux et dont les créations, très cotées aux …

Dior ne perd pas le Nord

On l’aime Victoire de Castellane. On l’aime depuis son arrivée chez Dior Joaillerie en 1998, et toujours un peu plus à chaque nouvelle collection ; on l’aime pour sa capacité à travailler des pierres ultra précieuses avec la plus grande fantaisie qu’il soit ; on l’aime pour sa facilité à réinterpréter en parures modernes et gaies, les (presque) 70 ans d’histoire de la Maison pour laquelle elle travaille ; on l’aime pour ses bagues grosses comme le poing, ses bijoux de caractère inspirés par des femmes fortes, ses mélanges audacieux de couleurs et de formes, de métaux et de pierres… En bref, on l’aime pour sa joaillerie joyeuse, précieuse, sulfureuse, étonnamment culottée pour une marque de l’envergure de Dior. Il faut dire que Victoire de Castellane n’a pas peur des bijoux : elle les côtoie depuis son enfance durant laquelle elle admirait les bagues aux doigts de sa grand-mère, Sylvia Hennessy ; alors, depuis le temps qu’elle les fréquente, les pierres sont ses amies, elle les respecte mais joue avec, s’amuse de leurs différences de corps, de brillances, …

Bibi van der Velden, le feu sous la glace

Certains artistes parviennent à rendre évidentes (et désirables) des créations qui sur le papier, ne semblaient pas taillées pour le succès. C’est ainsi Salvador Dali qui en 1949, réussit à faire de ses boucles d’oreilles « téléphone », des bijoux séduisants et chargés de sens (car représentant selon lui « la vitesse des moyens de communication modernes ; l’espoir et le danger d’un changement instantané de pensée ») ; ou Louise Bourgeois qui en 2006, miniaturise ses célèbres araignées en broches ; c’est encore Lorenz Bäumer, qui dans un registre pleinement joaillier, imagine en 2010 une bague « poivron » en saphirs et or… Aujourd’hui, la créatrice Bibi van der Velden se distingue elle aussi par ses inspirations décalées et étonnantes à l’image de cette bague pieuvre, sculptée dans l’ivoire de défenses de mammouth fossilisées, vieilles de plus de 40 000 ans. « Suite au réchauffement climatique, les défenses de mammouth prises dans la glace en Sibérie remontent à la surface, explique-t-elle. Il y a quelques années, j’ai lu dans le National Geographic que l’ivoire de mammouth …