Auteur : Solenn Cosotti

Ce que ses bijoux disent d’elle : Renée Perle

Une bague, un bracelet de verre ou des joncs argentés. Parfois un collier, une broche, rarement plus. Souvent, un seul bijou à la fois… Voilà ce qui suffit à la beauté de Renée Perle, dont le patronyme ne pouvait être plus chargé de promesses joaillières. Que sait-on de ce mannequin d’origine roumaine née en 1904 ? Peu de choses si ce n’est qu’elle fut la muse du photographe français Jacques Henri Lartigue avec qui elle vécut une passion intense et courte de 1930 à 1932. D’elle, restent alors quelques trois cents photographies prises par l’artiste durant les deux ans de leur idylle passée sous le soleil des côtes de Cannes et Biarritz ; d’elle, restent une beauté, une photogénie et une grâce aussi saisissantes qu’intemporelles, capturées en noir et blanc ; d’elle, reste enfin une leçon de mode et de joaillerie, qu’elle livre en arborant des bijoux riches de sens et d’indices qu’ils donnent sur sa personnalité. Car si rares soient-ils sur chaque photo, les bijoux sont pourtant bien plus que de simples ornements. Ils éclairent le …

Corps de rêve

Il nous fait de l’œil ce corps tout nu. Parce qu’il a des courbes parfaites, parce qu’il nous enlace et nous réchauffe le cou de son or gourmand, parce qu’il nous fait penser au bronze Arch of hysteria de Louise Bourgeois, et à ces statues antiques qu’enfant, on regardait à la dérobée (« surtout, qu’on ne nous voit pas admirer ces fesses, ces seins, ces jambes nus ! ») Mais on est grand aujourd’hui, alors on les affiche, on les assume, on les aime ces courbes précieuses. Un ras du cou en forme de corps, porté à bras le corps autour du cou… c’est là toute la poésie et l’humour d’Aurélie Bidermann qui s’expriment.

Rencontre avec Alexandra Margnat

En plein cœur de l’hiver, les bijoux d’Alexandra Margnat sont plus efficaces qu’une cure de luminothérapie : solaires, colorés, ils sont la promesse d’un été éternel. Rien d’étonnant au vu des inspirations que la créatrice épingle sur son site internet : des photos de sable doré et d’eaux turquoises, de corps ambrés et d’éclats de soleil… Franche et pétillante, Alexandra Margnat nous ouvre les portes de son bureau-showroom parisien et nous raconte l’histoire d’une marque qu’elle a construite seule, avec passion, détermination et surtout de très bonnes intuitions. Photographie d’ouverture : © Rémy Lidereau pour Mise Au Jour Quel a été votre parcours avant de lancer votre marque de bijoux ? Alexandra Margnat : J’ai travaillé pendant longtemps en marketing dans le domaine des nouvelles technologies, où je faisais de la communication, de l’évènementiel, du media planning… Au bout d’une dizaine d’années dans ce secteur, j’ai levé le pied petit à petit et j’ai commencé à monter ma marque à l’été 2010 : je faisais alors des petits bracelets. Mes créations ont eu immédiatement un vrai impact ! Quand …

Elise Dray, la relève de la joaillerie

Elise Dray fait partie de cette génération de jeunes créatrices qui n’ont pas peur de bousculer la joaillerie pour la faire évoluer ; qui citent des Maisons centenaires (Bulgari, Cartier, Boivin) mais dessinent des bijoux dans l’air du temps ; qui travaillent l’indémodable diamant pour le rendre encore plus « tendance » ; qui suivent leur instinct, surtout, et écoutent leur passion, toujours. Interview d’une joaillière nouvelle génération. Illustration d’ouverture : © Maël Cosotti pour MiseAuJour. Bague deux doigts en diamants, émeraudes, rubis, or jaune et rhodié. Quel est votre premier souvenir joaillier ? Elise Dray : Une broche articulée : une panthère de René Boivin en or jaune, diamants et saphirs que portait ma mère. Un bijoux de famille. Quel est votre parcours ? E.D. : Après avoir été diplômée de l’école BJOP rue du Louvre à Paris, j’ai fondé ma marque en 2009. Earcuff, bague de phalange, bague mitaine… : vos bijoux proposent de nouveaux portés, moins classiques, plus « rock ». Pourquoi ? E.D. : J’ai souhaité vraiment casser et bousculer les codes traditionnels …

Dans l’atelier de Raphaël Griffon

Il se dit atypique et espère qu’il en soit de même pour ses créations; il faut dire qu’il a les arguments pour : joaillier, formé en génie électrotechnique, passionné de piano, de krav-maga et d’aviation, réalisateur de documentaires sur les chercheurs d’or et de pierres précieuses, Raphaël Griffon a plus d’une corde à son arc. Alors, au cœur de son atelier nantais ou dans les tréfonds des mines de Colombie ou de Madagascar, la passion qui l’anime reste la même : celle qu’il voue au lien humain. Rencontre dans son bureau aux allures de cabinet d’explorateur, alors que le joaillier fourmille de projets : un nouveau documentaire dont le tournage est prévu au Kenya dans un an et pour lequel une grande chaine de télévision souhaite l’accompagner, une collection qu’il aimerait sortir prochainement et un site de vente de pierres précieuses en ligne. Chez les Griffon, vous êtes joailliers depuis 4 générations… Raphaël Griffon : Mon arrière grand-père a été formé chez Cartier et mon grand père a été joaillier à Lorient et Nantes, où …

Amélie Viaene, une créatrice au sommet

Cette année, le G7 avait un goût d’inédit : pour la première fois en marge du forum diplomatique était organisé le Craftswomen Summit, sommet mondial consacré à la place des femmes dans l’Artisanat d’Art. C’est la joaillière Amélie Viaene qui eut l’honneur et la responsabilité d’y représenter la France. Pour MiseAuJour, la créatrice revient sur cette expérience sans précédent et nous parle de son travail, bientôt exposé dans un pop-up store inédit, ouvert du 17 novembre au 4 décembre au sein de la galerie Vivienne, à Paris. Photographie d’ouverture : Amélie Viaene dans son atelier de création. © Christopher Jeney Vous avez été désignée pour représenter la France au G7 Craftswomen Summit, premier sommet mondial consacré à la place des femmes dans l’Artisanat d’Art, qui se tenait au Japon en mai dernier. Comment avez-vous été sélectionnée ? Quel fut votre rôle sur place ? Amélie Viaene : A la demande du Ministère de l’Économie Japonaise (METI), le Secrétariat d’État au Commerce et l’Artisanat leur a remis une liste d’artisanes françaises représentant différents métiers d’art et j’ai eu l’honneur …

Sur les bancs de l’École Van Cleef & Arpels

C’est un lieu qui enchanterait même ceux que la joaillerie indiffère, qui ravirait les plus cancres d’entre nous : à l’École Van Cleef & Arpels, pas de notes ou de bonnet d’âne, pas de professeur tyrannique ou de cours soporifique. Ici, les maîtres d’école sont des gemmologues, des historiens de l’art ou des « Mains d’or » des ateliers de haute joaillerie de la Maison ; les tables de cours sont des établis de bois pensés pour découvrir comment tailler, polir, sertir ; les élèves apprennent à répéter les gestes des dessinateurs, des sertisseurs, des laqueurs car « la main garde la mémoire » comme on aime à dire entre les murs de cette école cinq étoiles. Ici, on ne rend pas de copie, on ne distribue pas de bons points mais on parle une langue unique, riche et pluri séculaire : celle des pierres. Ôter à la joaillerie le caractère intimidant qu’on lui prête trop souvent, proposer de parcourir son rôle dans la grande Histoire à travers ses petites anecdotes : voilà le défi que s’est lancé Van Cleef & Arpels en …

Dear Charlotte par Vanessa Pinoncely

Ils s’appellent Cléopâtre, Néfertiti, Joséphine ou Eugénie, convoquent l’Histoire mais s’adressent à des femmes aux goûts résolument actuels, s’inspirent d’images de magazines mais se portent dans la vraie vie : brillant d’influences multiples, les bijoux de la marque Dear Charlotte étincellent par bien plus que leur or ; ils sont aussi riches de nombreuses émotions, celles de Vanessa Pinoncely, créatrice de la griffe. La fondatrice et designer nous ouvre les portes de son bureau et showroom parisien et répond à nos questions avec une sincérité rare. Photographie d’ouverture : © Rémy Lidereau pour Mise Au Jour Quelle est l’histoire de Dear Charlotte ? Vanessa Pinoncely  : Dear Charlotte a été créée il y a bientôt cinq ans suite à la naissance de ma fille, Charlotte, qui a donné son prénom à la marque. C’est suite à une formation suivie au Vogue Paris sur l’histoire de la joaillerie et ses Maisons les plus anciennes que j’ai eu envie de créer la marque. Nous remettons au goût du jour des bijoux d’inspiration XVIIIè et des pièces vintage. Comment Dear Charlotte …

Ruifier by Rachel Shaw

La marque Ruifier étonne ; d’abord par sa capacité à rendre attirants des puces d’oreilles représentant des smileys, des bagues évoquant des visages souriants ou râleurs et même des pendentifs à l’effigie du chien de la fondatrice de la marque, Rachel Shaw (tâche délicate…) ; mais elle étonne aussi par la diversité de son vocabulaire joaillier citant des styles pluriels pour un seul et même discours : rendre heureux ceux qui portent les bijoux de la griffe, selon le souhait de Rachel Shaw. Ruifier ne craint donc pas de jouer sur plusieurs tableaux joailliers, du plus precious au plus fun, d’associer pierres fines et langage 2.0, en bref d’assumer des bijoux décalés et rafraîchissants. Interview de Rachel Shaw, créatrice de cette toute jeune marque britannique, in english please ! (La traduction française est à la fin de l’article) How and when did you create Ruifier ? Rachel Shaw : I launched Ruifier about two and a half years ago when I felt the time was right. I had always wanted to create my own brand …

Gemmyo : Internet est-il l’avenir de la joaillerie ?

« Internet et la joaillerie sont clairement en contradiction à beaucoup de niveaux. » Le constat peut étonner quand on sait qu’il émane de Pauline Laigneau, l’une des fondatrices de Gemmyo, marque de joaillerie française lancée en 2011, vendue uniquement sur Internet et décrite par sa créatrice comme « une marque avec un excellent savoir-faire joaillier doublé d’une volonté de tendre en permanence vers l’innovation, la modernité, la jeunesse et la fraîcheur pour rénover le secteur de la joaillerie qui est magnifique mais plutôt ancré dans le passé.»  Une marque qui emploie aujourd’hui 21 personnes, annonçait une croissance supérieure à 100% pour 2015 et un chiffre d’affaires de 3 millions d’euros pour 2014. Photographie d’ouverture : bague Very Stoned Bride Bague Mad Marguerite Donc si Internet et la joaillerie sont en contradiction selon Pauline Laigneau, ils ne semblent pas incompatibles pour autant ; le défi est évidemment de savoir tirer avantage du digital. « Internet est un formidable outil de diffusion et offre la possibilité de créer une communauté autour de la marque en échangeant avec nos …