Muses

Ce que ses bijoux disent d’elle : Renée Perle

Une bague, un bracelet de verre ou des joncs argentés. Parfois un collier, une broche, rarement plus. Souvent, un seul bijou à la fois… Voilà ce qui suffit à la beauté de Renée Perle, dont le patronyme ne pouvait être plus chargé de promesses joaillières. Que sait-on de ce mannequin d’origine roumaine née en 1904 ? Peu de choses si ce n’est qu’elle fut la muse du photographe français Jacques Henri Lartigue avec qui elle vécut une passion intense et courte de 1930 à 1932. D’elle, restent alors quelques trois cents photographies prises par l’artiste durant les deux ans de leur idylle passée sous le soleil des côtes de Cannes et Biarritz ; d’elle, restent une beauté, une photogénie et une grâce aussi saisissantes qu’intemporelles, capturées en noir et blanc ; d’elle, reste enfin une leçon de mode et de joaillerie, qu’elle livre en arborant des bijoux riches de sens et d’indices qu’ils donnent sur sa personnalité. Car si rares soient-ils sur chaque photo, les bijoux sont pourtant bien plus que de simples ornements. Ils éclairent le visage de Renée Perle comme ils nous éclairent sur ce que Lartigue a voulu saisir d’elle : l’épure (silhouette à peine habillée, main gauche ornée d’une seule bague), le raffinement (manteau d’astrakan, collier, bagues et bracelets), la sensualité (manchette dorée, bague boule, cheveux crantés) de son modèle. Les bijoux comme moyen d’expression de soi ? Quatre décennies avant que Paloma Picasso, une autre des muses que l’on aime, en fasse son leitmotiv, Renée Perle avait déjà bien compris le concept.

Si Jacques Henri Lartigue est avant tout connu pour ses clichés en noir et blanc (comme ceux de Renée Perle), il a pourtant signé un grand nombre de photographies en couleur : plus d’un tiers des quelques 100 000 photos réalisées au cours de sa vie.
Et pour en savoir un peu plus sur Renée Perle, lisez : « Muses, elles ont conquis les cœurs » de Farid Abdelouahab, paru en 2011 aux Editions Arthaud.