Coups d'éclat, Facettes

Messika, déjà dix ans d’éclat

Les diamants peuvent dire merci à Valérie Messika : grâce à elle, ils sont sortis de leurs coffres, ils n’intimident plus, ne sont plus cantonnés aux soirées de gala mais illuminent désormais le quotidien de nombreuses femmes. En dix ans, la fondatrice de la marque Messika a su tailler une nouvelle image au diamant, le rendant alors plus dynamique, plus jeune, plus évident. Transformer sans choquer, évoluer sans décevoir : autant de défis que cette fille de diamantaire a relevé avec brio, tout en respectant sa pierre fétiche. Et force est de constater que les risques ont payé : la marque a inauguré son premier atelier de haute joaillerie en juin dernier à Paris, vient de recevoir les honneurs d’une monographie publiée par les éditions Assouline, et annonce l’ouverture de quatre nouvelles boutiques dans le monde au cours de l’année 2016. Alors que Valérie Messika s’apprête à dévoiler de nouvelles créations au salon Baselworld du 17 au 24 mars, elle répond ici à mes questions.

Photographie d’ouverture : collier Diamond Wave, 168 diamants, 42,94 carats, réalisé pour les dix ans de Messika © Alexandre Roberdet

Messika a fêté ses dix ans en 2015. Racontez-nous son histoire et votre parcours.
Valérie Messika : Je me suis lancée dans cette aventure en 2005. Après des études en communication, j’ai tout de suite commencé à travailler avec mon père André Messika, diamantaire depuis 1972. Travailler à ses côtés et partager notre passion commune pour le diamant m’a tout de suite beaucoup plu. Mais il me manquait un petit quelque chose pour m’épanouir professionnellement : la créativité. Naturellement, je me suis mise à créer mes propres bijoux et c’est ainsi que tout a commencé.

A vos débuts il y a dix ans, comment vos créations ont-elle été accueillies par le public et les autres joailliers ? Comment cet accueil a-t-il évolué depuis ?
V. M. : La première année, il a fallu convaincre de la légitimité de la marque, trouver des revendeurs qui ont eu suffisamment confiance en mes collections et en ma personne pour nous suivre dans cette aventure. Dix ans plus tard, Messika est vendu dans plus de deux cent cinquante points de vente, dans cinquante pays à travers le monde. Je n’aurais jamais osé imaginer un tel succès. Les grandes Maisons de joaillerie françaises nous ont bien accueilli.

Comment vous définissez-vous : diamantaire, joaillière, créatrice ?
V. M. : Peut-on dire un mélange des trois ? Je crée des collections de joaillerie et haute joaillerie autour du diamant.

Messika-Joaillerie--Madison-cuff-©Alexandre-RoberdetBracelet Madison (pièce anniversaire des dix ans), 301 diamants, 116 carats © Alexandre Roberdet

Vous avez grandi parmi les diamants, aux côtés de votre père, diamantaire : comment le marché de cette pierre a-t-il évolué depuis que vous vous y intéressez ? Quel avenir lui prédisez-vous ?
V. M. : J’ai une chance inouïe d’avoir grandi dans ce monde magique. Le diamant est mon ADN, c’est une pierre éternelle. Ce n’est pas le diamant qui change à travers les âges, mais la façon de le porter. Selon moi, les bijoux sont faits pour être portés de manière décomplexée et non pour rester dans un coffre.

« Les bijoux sont faits pour être portés de manière décomplexée et non pour rester dans un coffre. »

Quel bilan tirez-vous de cette décennie de création ?
V. M. : Le plus important est de toujours croire en soi. Je ne pensais pas pouvoir aller si loin et pourtant j’ai fêté les dix ans de notre Maison en 2015 avec l’ouverture de mon premier atelier de haute joaillerie parisien. En 2016, quatre nouvelles boutiques Messika devraient voir le jour dans le monde. C’est une immense fierté.

Quelles sont vos ambitions, vos projets et vos rêves pour la prochaine décennie ?
V. M. : Continuer à créer et à suivre mes envies…. Mon rêve ultime serait de créer une montre en diamants Messika.

Comment pensez-vous avoir réussi à moderniser le diamant, lui insuffler dynamisme et liberté tout en respectant sa valeur et son histoire ?
V. M. : Mon but premier était de créer des bijoux que j’aurais moi même envie de porter dans la vie de tous les jours : délicats et simples mais avec un petit quelque chose en plus. Le plus important dans mes créations est la lumière apportée par le diamant et le mouvement. Mon plus grand défi est de rendre mes collections de joaillerie et de haute joaillerie confortables et ludiques. J’ai donc inventé des concepts comme Skinny et Silk qui permettent d’épouser au plus près le corps des femmes, ou encore Move et ses trois diamants mobiles.

Messika-Joaillerie--Bangles-Staking-©-Alexandre-roberdetBracelets Move Joaillerie, Noa, Spiky, Liz © Alexandre Roberdet

« Mon plus grand défi est de rendre mes collections confortables et ludiques. »

Comment choisissez-vous les diamants qui ornent vos créations ? Comment contrôlez-vous leur provenance ?
V. M. : J’ai la chance de bénéficier du savoir-faire diamantaire de mon père. Dans nos bureaux de Tel Aviv, j’ai la certitude d’avoir des pierres de grande qualité et de savoir d’où elles proviennent.

En 2015, l’atelier de haute joaillerie Messika voyait le jour ; combien de personnes y travaillent ? Comment travaillez-vous, concrètement, du dessin à la pièce finie ?
V. M. : En juin dernier nous avons ouvert notre premier atelier de haute joaillerie en plein cœur de Paris. J’y travaille quotidiennement avec dix artisans : deux dessinatrices, un modéliste, trois joailliers, un sertisseur, deux polisseurs et un spécialiste en dessin assisté par ordinateur. L’aspect le plus difficile de mon processus de création d’une pièce est de transcrire mes idées sur un dessin. J’ai toujours beaucoup d’idées, mais parfois il est assez difficile d’obtenir le résultat que j’ai imaginé. Heureusement nous parvenons toujours à y arriver et à rendre cela possible. C’est un travail de patience très méticuleux. Mais il est vraiment rare que je parte d’un dessin : en haute joaillerie l’inspiration me vient surtout du diamant, le bijou se construit autour de la pierre.

Quel pouvoir le diamant a-t-il de plus que les autres pierres précieuses ? Quelles sont ses forces et ses faiblesses ?
V. M. : Le diamant est la reine des gemmes. C’est une pierre pure et intemporelle. Le petit plus : il existe des diamants de couleur qui permettent une réinterprétation colorée de certaines de nos créations.

Messika-Joaillerie--Skinny-Collection-©Alexandre-RoberdetBracelet Skinny en or et diamants © Alexandre Roberdet

Comment ne pas lasser son public lorsque l’on travaille un seul et même type de pierre ?
V. M. : C’est là tout le challenge. Il faut sans cesse créer et innover pour attirer de nouveaux clients et garder l’attention et le désir de nos clients actuels. Aujourd’hui, nous avons dix-neuf collections de joaillerie et dix-sept collections de haute joaillerie. Et nous allons comme chaque année, présenter de nouvelles collections à Bâle en mars en espérant séduire à nouveau nos clients.

Pensez-vous ouvrir votre création à d’autres pierres précieuses ?
V. M. : Non, le diamant est mon ADN, toutes mes créations sont imaginées autour du diamant. Cette pierre m’inspire et me fascine depuis toujours.

Les éditions Assouline viennent de publier un ouvrage sur Messika…
V. M. : C’était un rêve ! Toutes les grandes Maisons de joaillerie ont un livre Assouline et aujourd’hui Messika a le sien ! C’est un immense honneur et une belle reconnaissance du chemin parcouru en dix ans.

« Le diamant est un compagnon de tous les instants » y écrivez-vous. Ainsi, quel diamant porter pour…
… une journée de travail ?
V. M. : Ma bague Glam’Azone double et mon collier Queen V.

un dimanche « relax » ?
V. M. : Mon alliance Gatsby au petit doigt et mon bracelet Skinny.

un dîner en amoureux ?
V. M. : Ma bague Move Joaillerie pavée et mon bangle Noa.

une soirée entre amies ?
V. M. : Une accumulation de bangles (Spiky, Noa, Move, Kate) et une paire de boucles d’oreilles Glam’Azone multiformes.

… se sentir belle ?
V. M. : Une bague Angel Toi et Moi.

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Bague Angel Toi & Moi en or blanc et diamants

Quelles qualités un diamant doit-il posséder pour vous plaire ?
V. M. : Selon moi, on choisit un diamant pour l’émotion qu’il procure et non pour ce qu’il est sur le papier.

« J’ai pris conscience que je devais créer mon propre monde, mon propre concept, ma propre image, tout un univers » écrivez-vous dans le livre : comment définiriez-vous l’univers Messika ?
V. M. : Messika c’est mon univers : les gens que j’aime, avec qui j’ai créé la marque (mon mari, mes cousins et ma meilleure amie), le diamant (mon héritage familial) et mes valeurs (liberté, légèreté, épure et sensualité).

Quelle est la création dont vous êtes la plus fière ? Celle que vous aimeriez réaliser ?
V. M. : La création dont je suis la plus fière est mon bracelet Skinny. C’est une rangée de diamants sur un nano ressort qui permet à ce fil de diamant d’être totalement flexible. Il ne quitte jamais mon poignet ! Il va aussi bien avec une robe du soir qu’avec un jean. Mon rêve est de créer une montre en diamants.

« Mon rêve est de créer une montre en diamants. »

Qu’est-ce qui vous inspire ?
V. M. : Je trouve mon inspiration dans mon quotidien, à travers les femmes en général mais aussi grâce à l’architecture et l’art. J’ai la chance de beaucoup voyager et de découvrir de nouveaux lieux magnifiques, tous plus inspirants chaque jour.

Messika pare de nombreuses célébrités : qu’aiment-elles dans les créations de la Maison ?
V. M. : Ces derniers mois de très belles célébrités comme Charlize Theron, Selena Gomez, Beyoncé, Rihanna, Kendall Jenner ou encore Doutzen Kroes ont porté mes bijoux. C’est une très grande fierté qui procure toujours beaucoup d’émotion. Je suis ravie et flattée de cet engouement. Je pense que mes créations séduisent par leur modernité.

Valérie-Messika-©-David-Ferrua

Valérie Messika par David Ferrua

Messika, www.messika.com
Messika Joaillerie, Vivienne Becker, 80 pages, Assouline, www.assouline.com