Facettes

Reine Rosalie, la tête dans les étoiles

Ça brille, ça pétille, ça fait du bien au moral et à l’allure : bienvenue dans l’univers joyeux de Charlotte Ziegler, créatrice de Reine Rosalie ! Une marque à l’image de sa fondatrice, lumineuse, gaie et bourrée d’humour, qui accroche des étoiles aux oreilles des filles, leur fait porter le nœud papillon comme personne et les pare d’éclat et de bonne humeur. Car dans le royaume de Reine Rosalie, les strass règnent en maîtres, les princesses portent des couronnes aux brillants XXL et le sourire est roi… Rencontre avec la souveraine d’un monde qui brille.

Photographie d’ouverture : © Rémy Lidereau pour Mise Au Jour

Quel est votre parcours ?
Charlotte Ziegler : C’est indéniablement un parcours ancré dans la mode. Par hasard, toute ma famille travaille dans le prêt-à-porter ou les bijoux ! J’ai bien essayé d’ouvrir mes horizons en faisant des études de journalisme et de communication mais la mode m’a rattrapée… J’ai fait un 3ème cycle à l’Institut Français de la Mode ! Et je travaille donc depuis toujours dans ce milieu. J’ai multiplié les expériences, courtes ou longues dans : un bureau de presse, des boutiques, des showrooms, des salons, des studios de création…

Quelle est l’histoire de Reine Rosalie ?
C.Z. : C’est l’histoire d’une marque qui naît de la fascination pour ce qui brille et ce qui est ancien. Je trouvais que mon deuxième et mon troisième prénoms servaient parfaitement
mes envies de bijoux brillants et rétro à la fois. Cela fait maintenant 3 ans que la marque existe, dans son écrin de la rue du Four (au 48), et que son développement se poursuit en France et de plus en plus à l’étranger !

Comment construisez-vous vos collections ? Comment créez-vous : seule, avec un studio ? Vos créations sont-elles fabriquées en France ?
C.Z. : La manière dont je construis une collection n’est pas toujours rationnelle. Je ne fais pas de « plan de collection » à proprement parlé. Mes envies et intuitions restent le moteur de la création. Peu importe si pour une bague créée, il y a 10 broches ! La fabrication se fait en France et ailleurs en Europe. Chez Reine Rosalie, la nouvelle collection ne chasse pas la précédente mais étoffe de manière naturelle le catalogue. En ce qui concerne la création, je n’ai plus besoin d’être entourée comme dans mes précédentes expériences, où un ping-pong créatif était nécessaire.

Qu’est-ce qui vous inspire ?
C.Z. : Les comédies musicales en noir et blanc où les costumes, les décors, la danse et les claquettes prennent le pas sur les dialogues ; la classe et l’aura des icônes de l’âge d’or hollywoodien sont toujours présentes dans mon esprit. J’aime l’univers de la scène et du spectacle en général. Je me dis qu’inconsciemment nous sommes tous en « représentation », et que l’envie de briller d’une manière ou d’une autre est présente chez chacun.

« L’envie de briller d’une manière ou d’une autre est présente chez chacun »

Pourquoi avoir pris le parti de travailler le strass ? Existe-t-il plusieurs qualités de strass ? Comment les sélectionnez-vous ?
C.Z. : Le strass s’impose comme matériau de prédilection depuis le début dans ce même but : donner une touche d’éclat ! Il existe bien sûr plusieurs qualités de strass. Et si on trouve de tout sur le marché, je tiens à offrir à mes clientes la meilleure qualité possible ! Les formes et les couleurs existantes peuvent être le point de départ d’un dessin, mais j’aime aussi l’idée de faire faire mes propres couleurs pour un rendu unique.

Qu’expriment vos créations ? Pour qui créez-vous ?
C.Z. : Comme ce ne sont pas des bijoux « seconde peau », que l’on ne porte que pour soi, ils expriment un message plus fort, qui s’adresse aussi à celui qui les regarde. Ils révèlent une part d’intime tout en faisant rayonner. Mes bijoux s’adressent surtout à des fans de mode qui aiment décaler ces bijoux brillants sur une silhouette plus dégaine. S’il y a une touche de glamour dans mes bijoux, il y a surtout un sens de la mode fun et décalé.

Le « bijou couture » existe depuis le début du XXème siècle, popularisé par Gabrielle Chanel qui aimait mélanger les faux et vrais diamants, puis par Christian Dior, Yves Saint Laurent… Dans quelle mesure cet héritage vous inspire-t-il ?
C.Z. : Peu importe que les bijoux soient précieux, ces créateurs pensaient la femme dans son allure générale ; c’est exactement ce que je fais en proposant mes bijoux sur des looks, que ce soit dans ma boutique ou sur Instagram. S’ils sont de jolis objets, ils existent d’abord par leur fonction d’accessoirisation !

Vos bijoux affichent de gros volumes, une forte présence, beaucoup de strass : pourquoi recherchez-vous un effet d’exagération ?
C.Z. : Parce que c’est ce que j’aime dans la mode : faire un «  statement »  avec des pièces remarquables.

L’humour et l’élégance peuvent-il s’accorder ?
C.Z. : J’en suis totalement convaincue ! Ça peut passer par autre chose qu’un bijou d’ailleurs et l’équilibre est parfois difficile à trouver. Mais c’est ce qui donne ce « je ne sais quoi » en plus à celle qui ne se prend pas au sérieux. Pour moi, c’est la définition de la classe !


La joaillerie dite traditionnelle vous intéresse-t-elle ?

C.Z. : Elle est évidemment fascinante, impressionnante, intimidante parfois ! Les techniques utilisées en haute joaillerie m’inspirent beaucoup d’admiration.

L’univers de Reine Rosalie est festif, joyeux, coloré : en contraste à la joaillerie traditionnelle souvent jugée élitiste et classique ?
C.Z. : C’est vrai que ces valeurs collent à Reine Rosalie, mais certaines marques de joaillerie peuvent avoir un positionnement aussi coloré, je pense à Dior ou à Solange Azagury Partridge. Et il y a plein de nouveau acteurs qui travaillent les matériaux précieux de manière moins classique comme Elise Dray ou super fun comme Alison Lou … En marge des enseignes historiques de la place Vendôme, je pense qu’il existe une nouvelle vague dans la joaillerie.

Quelle fonction donnez-vous à vos bijoux ?
C.Z. : On est loin des grigris ou des bijoux à dimension spirituelle. On est dans la mode et le plaisir qu’elle procure. Ils ont principalement une fonction de « customisation » d’un look.

Les bijoux peuvent-ils être un remède à la morosité ?
C.Z. : C’est sûr ! Comme toutes les jolies choses, ils boostent le moral.

Comment porter le strass au quotidien ?
C.Z. : Rien de plus simple, il suffit de l’épingler sur à peu près sur tout : une maille, un manteau, une veste en jean, un bonnet… Pas besoin d’attendre les grands soirs non plus pour porter une paire de boucles d’oreilles, un collier ou quelques bracelets. Aller dîner au resto avec une couronne me paraît moins usuel, mais pourquoi pas ?!

« Aller dîner au resto avec une couronne me paraît moins usuel, mais pourquoi pas ?! »

La broche : utile ou futile ?
C.Z. : Exactement comme tous les autres bijoux !

Quel est votre premier souvenir joaillier ?
C.Z. : Un collier Stern offert par ma mère à mes 20 ans. Un câble parsemé de toutes petites étoiles.

Et le meilleur ?
C.Z. : Impossible de choisir ! J’ai l’impression que chacun de mes bijoux correspond à des moments de joie infinie !!!

Si vous étiez un bijou célèbre ?
C.Z. : Le diadème d’Audrey Hepburn dans Breakfast at Tiffany’s.

Quels bijoux portez-vous au quotidien ?
C.Z. : Du plus ou moins précieux, du mini ou du maxi, mais surtout du Reine Rosalie ! J’aime aussi porter des pièces faites par mes amis, Lovingstone, Feidt, Beatriz Palacios, Djula, Soha, Aaron Jah Stone, Asherali Knopfer

Reine Rosalie – 48, rue du Four – 75006 Paris
01 42 22 93 09  – www.reinerosalie.com