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Ce que ses bijoux disent d’elle : Paloma Picasso

C’est la force délicate d’un profil où les lignes droites ne rendent que plus gracieuses les courbes affirmées ; c’est le choc chromatique de teintes complémentaires, la grâce violente d’une beauté évidente, le charme brut de rondeurs gracieuses… Elle ou ses bijoux ? Peu importe, ils se confondent. Car au bout de son annulaire, à son oreille, autour de son cou, Paloma Picasso portent des créations qui lui ressemblent ; comme une armure, un talisman, une signature. N’est-ce pas ce que devrait-être chaque bijou ? « Lorsque vous aimez un bijou, vous sentez qu’il vous protège, qu’il vous donne de l’énergie. Les bijoux sont intimement liés aux émotions, ils font souvent écho à l’histoire d’une famille », affirme la créatrice. La sienne d’histoire est toute singulière : fille des peintres Pablo Picasso et Françoise Gilot, elle dessine depuis toujours, forcément. On n’échappe pas à son destin ? Celui de Paloma sera brillant, évidemment : au début des années 1970, elle crée ses premiers bijoux pour la marque grecque Zolotas ; en 1980, elle présente sa première collection dessinée pour Tiffany & Co. « Pour la première fois, on peut porter un Picasso dans ses mains et l’essayer », dira à l’époque le président de la maison américaine. Puis elle édite son parfum, son rouge à lèvres, ses accessoires de maroquinerie…
Puissantes, volumineuses, les créations de Paloma Picasso sont comme le prolongement de sa personnalité, multi-facettes, affirmée. « Mon style a toujours été audacieux, intense et centriste. J’ai toujours considéré les bijoux comme un ornement, mais aussi comme un talisman ».

Photographies d’ouverture, de gauche à droite :
Helmut Newton, Paloma Picasso, Saint-Tropez 1973 – Robert Mapplethorpe, Paloma Picasso, 1980 – Helmut Newton, Paloma Picasso, Saint-Tropez 1973