Mois: avril 2015

Et le temps se suspend…

Est-ce une montre-bijou ? Un bracelet qui donne l’heure ? Tout cela à la fois ? Bien sûr mon capitaine ! Car la montre Cadenas de Van Cleef & Arpels est une création hybride. Une invention comme il y en a une par siècle. La preuve : 80 ans exactement après sa naissance, la demoiselle n’a pas pris une ride alors qu’on loue encore le génie de son évidence. Car la montre Cadenas, c’est l’histoire d’une époque où la politesse était encore à la mode : une époque où les téléphones affichant l’heure n’étaient pas posés sur les tables de restaurant, où la bienséance voulait que l’on consulte sa montre comme un voleur, « à la dérobée » comme nous dit la publicité de la maison à l’époque. La montre Cadenas naît en 1935, inspirée soi-disant par la duchesse de Windsor (oui, l’épouse controversée du Roi Edouard VIII ; oui, la même qui inspira aussi le collier Zip à la Maison). Tout en or, le premier modèle présente une double chaîne en guise de bracelet …

Plumes de paon

A-t-on jamais vu pareil plumage ? Ces paons-là n’ont nullement besoin de faire la roue pour se sentir majestueux, n’est-ce pas ? Tout au bout de leurs queues précieuses, là, les petites larmes couleur lagon, ce sont des émeraudes. « Beads », selon la maison Chopard, auteur de ces merveilles. Des gouttes d’émeraudes donc. Cela se tient, si l’on s’en tient à leur forme en poire et à leur couleur aquatique. Ensuite, en remontant le long de cette traîne plus belle que celle d’une mariée, on y trouve des saphirs bleus, des diamants de couleurs et des grenats (qui ne sont pas forcément rouges, sachez-le), des améthystes et des tourmalines. Pas de plomb dans les ailes pour ces jolis paons mais 1259 pierres, pour plus de 30 carats. On comprend qu’ils aient du mal à les soulever. C’est en janvier dernier, lors de la semaine de la Haute Couture parisienne que Chopard a dévoilé ces boucles d’oreilles hallucinantes. Mais les oiseaux enchantés n’étaient pas seuls à briller sous les feux de la rampe, car chez …

Asymétrie m’était contée…

En 2013, c’est la déferlante : signé Dior, un bijou d’un genre nouveau vient murmurer aux oreilles féminines du monde entier. La boucle d’oreille Mise en Dior ou deux perles bien rondes, bien gourmandes, totalement asymétriques, nous propose de porter nos parures d’oreilles différemment. Primo, il faut afficher la boucle seule, elle se suffit à elle-même, elle est belle comme ça, unique, et elle nous susurre : « épargnez-moi le côté dadame de la paire assortie ! ». Secondo, il faut la porter à l’envers. Oui, car le fermoir n’est plus honteux, il ne se fait plus discret, tranquillement caché derrière le lobe. Le fermoir fait partie intégrante du bijou, il se montre et s’assume même plus gros que la perle posée sur l’oreille. En bref chez Dior, on se pare en version asymétrique, décalée, audacieuse. Depuis deux ans donc, et le coup de génie (n’ayons pas peur des mots) de Camille Miceli, directrice des accessoires de la Maison Dior, la tendance ne s’essouffle pas et l’engouement pour ces perles tout-sauf-classiques a réussi à séduire aussi bien les filles « normales » …

La cage dorée

Exubérante et délicate, volumineuse mais aérienne : elle est pleine de contradictions cette bague Cartier. Encore une prouesse technique et esthétique pour le joaillier de la rue de la Paix qui réussit ici à jouer sur le vide et le plein d’une maille d’or et de diamants, à insuffler rondeur et légèreté à un canevas de lignes droites. Voir un oiseau danser dans cette cage dorée ne nous étonnerait d’ailleurs pas du tout… Mais si aujourd’hui, la cage précieuse est bien vide, elle ne l’a pas toujours été. Que la référence soit assumée ou non par Cartier, cette bague-cage évoque un chapitre clé de l’histoire de la Maison et de l’Histoire tout court ; comme un écho à cette époque sombre de l’Occupation durant laquelle Jeanne Toussaint, alors directrice artistique de Cartier, a eu le courage de résister, à sa façon. En 1942, pour exprimer son opposition au régime en place, elle expose en vitrines de la boutique amirale de la rue de la Paix (c’est à dire, aux yeux du Tout-Paris), une broche qui fera grand …

Ce que ses bijoux disent d’elle : Paloma Picasso

C’est la force délicate d’un profil où les lignes droites ne rendent que plus gracieuses les courbes affirmées ; c’est le choc chromatique de teintes complémentaires, la grâce violente d’une beauté évidente, le charme brut de rondeurs gracieuses… Elle ou ses bijoux ? Peu importe, ils se confondent. Car au bout de son annulaire, à son oreille, autour de son cou, Paloma Picasso portent des créations qui lui ressemblent ; comme une armure, un talisman, une signature. N’est-ce pas ce que devrait-être chaque bijou ? « Lorsque vous aimez un bijou, vous sentez qu’il vous protège, qu’il vous donne de l’énergie. Les bijoux sont intimement liés aux émotions, ils font souvent écho à l’histoire d’une famille », affirme la créatrice. La sienne d’histoire est toute singulière : fille des peintres Pablo Picasso et Françoise Gilot, elle dessine depuis toujours, forcément. On n’échappe pas à son destin ? Celui de Paloma sera brillant, évidemment : au début des années 1970, elle crée ses premiers bijoux pour la marque grecque Zolotas ; en 1980, elle présente sa …

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A propos

Who ? Après des études de sciences politiques et un master en Information et Communication, je rejoins en 2010 la rédaction du magazine Stiletto. C’est là (grâce notamment à la grande rédactrice de mode et joaillerie Franceline Prat) que je découvre l’univers de la joaillerie et me prends de passion pour ses lumières et ses joies, sa beauté aussi insouciante qu’exigeante. Après avoir travaillé par la suite au sein de la maison Dior, je suis aujourd’hui journaliste freelance. What ? (Re)mettre au jour des trésors joailliers ; faire rayonner les facettes de créateurs lumineux, éclairants ; partager mes coups de cœur et rencontres, les personnalités qui m’inspirent… Voilà le point de départ de Mise Au Jour. Why ? Un carnet d’inspirations précieuses et de découvertes joyeuses. Une mise en lumière des créations de la Place Vendôme et d’ailleurs qui peuvent trop souvent à tort, sembler inaccessibles. Car pour moi, la joaillerie est tout sauf inaccessible, tout sauf accessoire. Elle est joie, elle est rêve, elle est éternelle. Elle mérite d’être célébrée. Portrait par Rémy Lidereau Mentions légales : …